Man Ray, Le Violin d’Ingres, 1924
C’était un jour sans temps
Dans une gorge sombre et bouffante d’outrenoir
Où dans ces rideaux brumeux et d’abscons écrans
De mystère, s’évanouissent l’odeur de safran,
Les lignes lumineuses et les jeunes pousses de vélars.
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Le gouffre caché où végète l’obscur angoisse!
Un sarcophage où se consument les grands corps
C’est un néant! Une espèce d’effroyable paroisse
Où se recueillent les chimères du troublant angor.
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Une tribu nouvelle de fumées montantes habite
La cave de poisons où vapeurs souples comme granite
Migrent vers l’échafaud et déchirent le bleu ozone
Le linceul des âmes, beauté et l’éthérée zone.
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Dans cette ombre vit ce peuple de rêveurs assassins
De spectres déjetés et fumeurs de haschisch
“La Tragédie de l’Air affreux”. Admirez l’houaiche
Du voyage, simulacre du lustre adamantin.
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“Buvez la liqueur de ce Monde et ces foules d’essaims”:
Voilà donc la horde de colonies de fumées!
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Nos revenants grisés par soif de mazagran
Étanchent leur fièvre d’amères nuits et de rêves frappeurs
Qui languissent dans ce fluide noir, affar de torpeurs.
A chaque verre, ce venin tresse leur vieux jaseran.
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Silhouettes négatives cernées d’un trait ardoise
Se négligent en des formes oblitérées, Adieu
A leur chair, honteux abandon! Cousus aux épieux
De l’absence et la larme charmante de blanches armoises.
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Halos nébuleux! Fumées immortelles! Butors!
Ils choient dans l’abandon, le monstrueux abreuvoir
Des hommes perdus. Ce creux, ce nid d’effroi, vaste décor
De douleurs: nous sommes pris dans l’obscur entonnoir.
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Étranges ombres claustrées dans l’immuable cadran
Vous m’êtes si familières… se confondant avec mon temps
La paroi noire, humide, moirée par l’allumoir
Réflexion certaine… négatif sûr… mon miroir!
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“Buvez la liqueur de ce Monde et ces foules d’essaims”:
Voilà donc la horde de colonies de fumées!
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Des yeux! Des yeux! Quatre points rouges m’assiègent!
Du phosphore! Vives brûlures incendiaires!
Que je me jette! Que je m’échappe de ce piège!
Hélas, dans ces abysses, je suis l’apocrisiaire.
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Ce regard qui me perce de fond en forme
Ces reflets… ces reflets de grands parents!
Ces visages… ces visages de cent ans!
Mon spectre… moi et les autres… une histoire sulciforme.
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Me voilà révélé: je suis chacun de vous
Nous sommes un mariage, une seule unique toile.
A travers l’opaque brume amadoue,
Il y’ a une pérennité derrière ce voile!
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Une fresque civilisatrice, des âmes andrinoples
Des cultures si éloignées et si proches
Des hommes si écartés et qui s’approchent
Une matière libre et unie, notre sinople.
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Et des peuples! Des peuples! De colonies de fumées!
Métyan Noctès 18.02.12
ibidem (partie 2)
Entrevue L.F Céline, auteur de “Voyage Au Bout De La Nuit” en 1961. (Partie 1)
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Simone de Beauvoir, Jean Paul Sartre and Ernesto ‘Che’ Guevara (Cuba, 1960)
Entrevue Michel Foucault- Alain Baidiu 1965
Vassily Kandinsky, Landschaft mit turm (Paysage à la tour), 1908
Huile sur carton, 74 x 98,5 cm
Source: http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-Fauvisme/index.html#kandinsky
— Henri Matisse, Écrits et propos sur l’Art